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Selon la tradition, un navire portant des marchands de nitre vint y aborder (Phénicie) et comme les marchands, dispersés sur le rivage, préparaient leur repas et ne trouvant pas de pierres pour exhausser leurs marmites, ils les remplacèrent par des mottes de nitre tirées de leur cargaison. Quand celles-ci se furent embrasées, mêlées avec le sable du rivage, des ruisseaux translucides d'un liquide inconnu se mirent à couler et telle fut l'origine du verre. — Pline l'ancien (Histoire naturelle - extrait) |
Selon la tradition
Cheveux d'ange
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Les cheveux d'ange dansent gracieusement dans le vent, Les abeilles butinent avec ferveur les lavandes, Quelques rares papillons passent indifférents aux corolles offertes, Corolles de lumière et graines riches d'avenir se mêlent sans artifice, Des acanthes imbues de leur raideur piquante observent. La huppe est sûre de trouver une friandise en ce lieu. Les lucioles, minuscules étoiles terrestres, espèrent un compagnon. Là-haut, les étoiles nous offrent l'infini, De jour, de nuit, mon jardin est mon énergie. — Liliane Faucher |
Le coin du fakir
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Bon endroit pour faire la sieste, à condition d'être un fakir. En général, les racines des arbres poussent de haut en bas, mais dans le monde végétal, comme chez les humains, il y a des originaux qui ne font rien comme les autres. On n'en rencontre pas si souvent et c'est ce qui les rend intéressants. — Gérard Miro |
Rosebud
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Sur une île de fer Face à une île de craie Des hommes rudes montent des pylônes Des ventilos pour chatouiller Éole. Petites filles le nez sucré dans la barbe à papa Petits garçons essoufflés dans les moulins multicolores — Qu’est-ce tu feras quand tu seras grand ? — Je ferai les choses en grand ! Parents, faites gaffe aux Rosebuds Que vous offrez aux enfants. — Paul Sanson |
La mer au bout du chemin
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Le chemin sinue doucement à travers les champs de blé vert pâle Une arche végétale glorifie le passage vers la mer Les chants de centaines d'oiseaux voletant au-dessus des champs de blé composent une symphonie joyeuse Au loin, la mer scintille dans le doux soleil du matin Le promeneur se laisse envelopper par une incroyable plénitude. — Liliane Faucher |
Fragiles pétales de lumière
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Fragiles pétales de lumière Ephémères dans la brise du matin Grâces infinies si vite emportées Squelettes de pierres dures et froides Impassibles dans les vents violents Mémoires de la vie oubliée. — Liliane Faucher |
Ulysse et les Sirènes
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Amis, il ne faut pas qu'un ou deux seulement connaissent les oracles que m'a transmis Circé, la divine déesse. Je vais donc vous les dire, afin que nous sachions ce qui peut nous perdre ou ce qui peut nous permettre d'éviter et de fuir la mort et le trépas. Circé tout d'abord nous ordonne d'éviter la voix et la prairie en fleurs des merveilleuses Sirènes. Elle m'engage seul à écouter leur voix. Mais il faut que vous m'attachiez avec des liens solides, que je reste immobile, debout contre le mât, où vous nouerez les cordes. Et si j'en venais à vous supplier et à vous ordonner de me détacher, serrez-moi sur-le-champ en des liens plus nombreux.
— L'odyssée - chant 12 - Homère |
Blanc à remplir sur la carte voyageuse du pollen
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N'y eût-il dans le désert qu'une seule goutte d'eau qui rêve tout bas, dans le désert, n'y eût-il qu'une graine volante qui rêve tout haut, c'est assez, rouillure des armes, fissure des pierres, vrac des ténèbres désert, désert, j'endure ton défi blanc à remplir sur la carte voyageuse du pollen. — Aimé Césaire |
À Aurore
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La nature est tout ce qu'on voit, Tout ce qu'on veut, tout ce qu'on aime, Tout ce qu'on sait, tout ce qu'on croit, Tout ce que l'on sent en soi-même. Elle est belle pour qui la voit, Elle est bonne à celui qui l'aime, Elle est juste quand on y croit Et qu'on la respecte en soi-même. Regarde le ciel, il te voit, Embrasse la terre, elle t'aime. La vérité c'est ce qu'on croit En la nature c'est toi-même. — George Sand, Contes d'une grand-mère. 1873 |
Anatolie
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Anatolie escarpée et sauvage, Terre-mère qui se nourrit Des éclats de voix Du poète-écrivain. Des crêtes enneigées Aux plaines verdoyantes, L’écho glacé du vent Sème ses notes dissonantes De nouvelles écrites Au rythme lent des saisons. L’homme érudit s’enivre De notes florales Qui éclatent en corolle Au cœur des paysages enfiévrés. Danse la montagne sacrée, L’âme égarée égraine ses mots Sculptant pour l’éternité L’histoire humaine Des peuples égarés. — Sylvie Brugeal |
La lessive
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Quand chacun
Est décidé À y mettre du sien Il ne faut pas hésiter à laver Son linge sale en famille « La lessive, c'est un travail de fille » Dit le garçon Qui fait des bulles de savon La fille trie les chaussettes Et les serviettes Qu'elle ne mélange pas avec les torchons Car elle connaît le dicton Le père conseille fort À chacun de ménager ses efforts Pour ne pas finir « lessivés » La mère qui justement À ce moment Commence à fatiguer Annonce qu'elle va mettre en route La machine. Le garçon crie : « En avant, toute ! » Mais où est passée la chatte ? Demande la mère... Ah !, je vois une patte Elle s'était cachée dans le tambour ! De bêtises, elle n'est jamais à court Eh bien ! ma belle, Tu l'as échappé belle ! — Gérard Miro |
Le sac poubelle
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Un sac poubelle Sur un arbre perché Sentinelle Dans le ciel bleuté C'est moins naturel qu'une hirondelle Sa présence nous interpelle C'est la faute au vent Forcément Disent les gens En passant Sans être devin On peut avoir une idée du destin De ce plastique abandonné Les corbeaux viendront le picorer Il va se fragmenter Et s'éparpiller A moins qu'il ne soit décroché Par un employé de la municipalité Pour être recyclé Pourquoi ne pas croire aux contes de fées ? Une éventualité Qui permet à cette histoire De nature abîmée De se terminer sur une note d'espoir. — Gérard Miro |
Rue des Mésanges
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Quelque part sur une île de la mer Sainte-Marie, sous le ciel de craie Forcément. Dans la rue des Mésanges Nichent de drôles d’oiseaux Distraits. Chaque jour, ils suivent les Mésanges Et visitent la rue du Paradis À l’angle. Le panneau « Rue des Mésanges » S’estompe tel la Peau de Chagrin De Valentin. Ce n’est que le Temps qui passe Le temps des mésanges, envolé Bientôt. Oiseaux distraits, suivez les mésanges Entrez dans la rue du Paradis Avec les anges. — Paul Sanson |
Entangled life
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Personne ne sait dire quand... sont apparus les premiers lichens. Qui de l'algue ou du champignon a offert la première graine. Cette symbiose d'extravertis, assemblage de science-fiction, explore les géométries à la moindre provocation. Comme eux, nous demeurons indéfinissables anatomiquement. Assistés par nos démons : un bestiaire microscopique. L'individu n'est qu'une collection d'occurrences zoologiques collaborant dans la compétition en un orchestre héroïque. Nous devrions semble-t-il sans peine sentir ce qui nous lie aux lichens. — Eleonore Sur |
Inspiré par Entangled life de Merlin Sheldrake : pages 70-93, The intimacy of strangers.
Les griffonnages de l'écolier
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Charle (sic) a fait des dessins sur son livre de classe. Le thème est fatigant au point, qu'étant très lasse La plume de l'enfant n'a pu se reposer Qu'en faisant ce travail énorme: improviser Dans un livre, partout, en haut, en bas, des fresques Comme on en voit aux murs des Alhambras moresques Des taches d'encre, ayant des aspects d'animaux Qui dévorent la phrase et qui rongent les mots ... — L'art d'être grand-père - 1877- Victor Hugo - extrait |
Ce qui sert à Rien
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Au début, il y avait Rien. Rien, au bord du néant d’ennui, Se posa la question : « Pourquoi y a-t-il Rien ? » Essayant de résoudre ce problème méta, Rien expérimenta beaucoup, sans succès, Et il en résulta un bazar pas possible : Le Monde. Le monde actuel est donc un tentative ratée, N’injurions pas l’avenir, disons « Non encore aboutie » De répondre à une question méta sur Rien. Si par malheur, Le Monde résolvait la question, Il ne servirait plus à Rien. — Paul Sanson |
Norse Inferno
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Converting frozen ice, Into molten lava, Requires a wizard’s wand, Or mere tricks of your camera. Alpine glaciers, dirty white, Be Pacific’s ring of fire. Clicks of adobe genius, Creates hell to admire. — Philip Wood |
Je pense donc j'oublie
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Qu'est ce qui fait tourner la terre ? Comment s'est créé l'univers ? Pourquoi tant De galaxies ? Des astres si grands Et d'autres si petits ? Et des trous noirs ? Qu'y a-t-il derrière ? Allez savoir ! Big Bang Mes certitudes tanguent Tant de questions Sans réponse. C'est à perdre la raison Là-dessus surgit La maîtresse de maison qui s'écrie : « Malheureux ! Tu as encore oublié Une casserole sur le feu Tout a brûlé ! Ca ne devrait pas être permis D'être aussi étourdi.» — Gérard Miro |
Dans la maison du rire
| Dans la maison du rire la bonne n'est pas sage, et son bouquet éclate de rire. Poussée devant, la timide tulipe s'empourpre à vue d'œil. La barbe de grand-père a mis bien du désordre. — Paul Sanson |
Le journal d'un confiné
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LUNDI. Remplir attestation de déplacement dérogatoire Surtout, ne pas perdre espoir. MARDI. Marché fermé; tant pis ! On mangera des conserves On en a en réserve. MERCREDI. Cours de dessin supprimé... quelle vie ! Maintenant, de plus rien je n'ai envie. JEUDI. Musées et cinés fermés C'est à mourir d'ennui. VENDREDI. Soucis en quantité Mauvaises nouvelles à la télé Je n'aurais pas dû l'allumer. SAMEDI. Pas un chat dans la rue, Je récite du « Baudelaire » : « L'espoir vaincu, Pleure et l'Angoisse... » Je m'arrête et m'exclame : Quelle poisse ! DIMANCHE. Quitte à ne rien faire, autant rester au lit, Quelle chance! la semaine est finie. — Gérard Miro |
La dune en hiver
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Le ciel et la mer se confondent dans de doux pastels gris et roses. La dune, dans sa robe de bure hivernale, contemple le spectacle magnifique. Monet aimerait ce tableau. — Liliane faucher |
La lune blanche
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La lune blanche Luit dans les bois ; De chaque branche Part une voix Sous la ramée... O bien-aimée. L'étang reflète, Profond miroir, La silhouette Du saule noir Où le vent pleure... Rêvons, c'est l'heure. Un vaste et tendre Apaisement Semble descendre Du firmament Que l'astre irise... C'est l'heure exquise. — Paul Verlaine, La bonne chanson |
Anagrammes
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Par le jeu des anagrammes Sans une lettre de trop, Tu découvres le sésame Des mots qui font d'autres mots. Me croiras-tu si je m'écrie Que toute neige a du génie ? Vas tu prétendre que je triche Si je change ton chien en niche ? Me traiteras-tu de vantard Si une harpe devient un phare ? Tout est permis en poésie. Grâce aux mots, l'image est magie. — Pierre Coran |
Les feuilles mortes
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Oh ! je voudrais tant que tu te souviennes des jours heureux où nous étions amis En ce temps-là la vie était plus belle et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui Les feuilles mortes se ramassent à la pelle… Tu vois je n'ai pas oublié Les feuilles mortes se ramassent à la pelle les souvenirs et les regrets aussi … — Jacques Prévert, Les feuilles mortes (extrait) |
Paysage urbain
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Étrange
Mélange Des tons Marrons Du ballast Qui contrastent Avec le gris-bleu Des cieux Des reflets « ivoire » Encerclés de lignes noires Une gerbe de rails Un chaos de ferrailles Des trains qui passent On n'est pas loin de Montparnasse Avec tous ces traits, Cela ferait Un beau sujet Pour un tableau abstrait A la manière de Maria Helena Vieira da Silva Ou bien Pour un dessin Géométrique et parfait Dans le style de Bernard Buffet. — Gérard Miro |
Une bouteille à la terre
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J'ai jeté une bouteille à la terre La terre a bu la bière. Après une ou deux ères, Dedans germa une pousse littéraire. J'ai jeté une bouteille à la terre Toi, passant passant, mon frère Si là tu vois les vers dans le verre vert Pense à lire la pousse prisonnière. — Paul Sanson |
Venise
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Dans Venise la rouge, Pas un bateau qui bouge, Pas un pêcheur dans l'eau, Pas un falot. Seul, assis à la grève, Le grand lion soulève, Sur l'horizon serein, Son pied d'airain. Autour de lui, par groupes, Navires et chaloupes, Pareils à des hérons Couchés en ronds, Dorment sur l'eau qui fume, Et croisent dans la brume, En légers tourbillons, Leurs pavillons. — Alfred de Musset |
Venise - Alfred de Musset - Contes d'Espagne et d'Italie - Version 1828 - extrait
Vignes sauvages
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Et mon œil parfois errant recherche les contrastes : il les rêve. Et mon âme convalescente s'abreuve de chaudes teintes, de lumière. — Eleonore Sur |
Ballade
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Soleil rasant et filtrant ravive les tons automnaux une pluie de gouttes de couleurs palette d'artiste voyageur — Eleonore Sur |
Sleepy cat
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I have had such a hard day, Chasing mice and birds away. I think I will have a nap, And dream of a juicy rat. Mum lets me sleep on her chair, So I will be safe and not have a care. When I wake up, mum gives me a hug, then I have my tea, After tea, dad lets me sleep upon his knee. — Gillian Reid |
Night fall
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Dad, Dad, the little boy cried, Come quick, the sky is on fire. Calm down, said his dad, It is only the setting of the sun, Lets go inside and have tea and a bun. We went to the window but the sun had gone, Suddenly the moon light shone. Come on, his mum said, time for bed, You need to rest your sleepy head. — Gillian Reid |
Mobilis in mobili
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Mobilis in mobile, Captain Némo, est marqué sur ton capot Vingt mille lieues dans la France du milieu Vingt mille lieux sur la route des dieux La couleur de la foule fond où le vélo roule à fond C’est beau à voir un coureur en cet étroit couloir. Mobilis in mobili : mobile dans l'élément mobile — Paul Sanson |
Ici, c'est leur cirque
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L'important, c'est de bien prendre son élan Question d'entraînement Pour s'envoler un court instant A la fin du tremplin Comme c'est amusant ! A condition de ne pas se casser les reins Planche ou patinette Dans les deux cas, c'est chouette D'un côté, un parking De l'autre, le périphérique Ici, c'est leur cirque Parfois, ça fait « bing » Mais rien ne les arrête Puisqu'ils ont décidé de faire la fête. — Gérard Miro |
Le ceveu sur la langue.
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Zé un ceveu sur la langue Et pas un sur le caillou Quand ze bois un peu, ze tangue Et ze me traîne à zenou... Zé de l'acné zuvénile Malgré mes quatre-vingt-z'ans Et c'est loin d'être facile Car les zens sont médisants. Zé aussi, c'est plutôt triste, Un œil qui fait les cent coups Et l'autre qui fait le pitre Zé de plus un très long cou On m'appelle la zirafe Et ze suis vézétarien ! C'est pourquoi les gens s'esclaffent Et qu'ils ne m'épargnent rien. — Paul Julien, Le ceveu sur la langue (extrait) |
Precious Moments
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Precious moments we can but borrow, Remember today is purely yesterday’s tomorrow. Hoped aspirations are memories yet to be hewn. We all return to mere stardust far too soon. — Philip Wood |
Orpins d'or
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Bijoux sublimes chaque année renouvelés Écrin végétal dans un somptueux nuancier Promeneur émerveillé par tant de richesses Mémoire comblée dans un délicieux abandon. — Liliane Faucher |
La Rue Saint-Bon
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À Paris, remonter la rue Saint-Bon Ce n'est pas long Cette petite rue Il faut l'avoir vue On dirait un décor de théâtre Est ce que je rêve ? Il me semble Que trois coups on frappe. Acte I : Un musicien de rue Qui n'a plus un rond Vient jouer un air d'accordéon Pour nous souhaiter la bienvenue. Acte II : Un autre « sans le sou » préfère S'installer près de la Chapelle Les passants, ils les interpelle Ainsi : « Une pièce ou l'enfer ! » Acte III : Ceux qui ont donné sont récompensés Car notre mendiant ne manque pas de leur indiquer L'endroit où éclata Un obus de la grosse Bertha Pendant la Grande guerre La « Der des Ders » C'était au numéro trois Dans le dos, ça fait froid Le temps a passé Rideau! le spectacle est terminé. De rêver, continuons Mais d'une autre façon : En dessinant Puisqu'on a le temps A un poteau, j'accroche mon vélo Je prends mes pinceaux C'est si beau, en toutes saisons, La rue Saint-Bon. — Gérard Miro |
On the way to the sea
| We went for a walk along the promenade, We stopped at a cafe for a cold lemonade We saw this little man sitting on the fence Looking out to sea I should have asked him if he would like a cup of tea. — Gillian Reid |
Midi
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Dessin G. Miro |
Midi, roi des étés, épandu sur la plaine, Tombe en nappes d'argent des hauteurs du ciel bleu. Tout se tait. L'air flamboie et brûle sans haleine ; La terre est assoupie en sa robe de feu. L'étendue est immense, et les champs n'ont point d'ombre, Et la source est tarie où buvaient les troupeaux ; La lointaine forêt, dont la lisière est sombre, Dort là-bas, immobile, en un pesant repos. Seuls, les grands blés mûris, tels qu'une mer dorée, Se déroulent au loin, dédaigneux du sommeil ; Pacifiques enfants de la terre sacrée, Ils épuisent sans peur la coupe du soleil. Parfois, comme un soupir de leur âme brûlante, Du sein des épis lourds qui murmurent entre eux, Une ondulation majestueuse et lente S'éveille, et va mourir à l'horizon poudreux. — Leconte de Lisle, Midi (extrait) - Poèmes antiques |
Verveine
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Verte veine goût que j'aime qui m'emmène vers les plaines des poèmes qui dépeignent les fontaines aux eaux pleines qui rejoignent les lagunes où se baignent très sereines les baleines qui entonnent des airs bleus. — Eleonore Sur |
Correspondances
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Dessin G. Miro
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La Nature est un temple où de vivants piliers Laissent parfois sortir de confuses paroles; L'homme y passe à travers des forêts de symboles Qui l'observent avec des regards familiers. Comme de longs échos qui de loin se confondent Dans une ténébreuse et profonde unité, Vaste comme la nuit et comme la clarté, Les parfums, les couleurs et les sons se répondent. Il est des parfums frais comme des chairs d'enfants, Doux comme les hautbois, verts comme les prairies, - Et d'autres, corrompus, riches et triomphants, Ayant l'expansion des choses infinies, Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens, Qui chantent les transports de l'esprit et des sens. — Charles Baudelaire - Les fleurs du mal |
Comme un saphir
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Bleu saphir, enchâssée comme le plus pur des joyaux dans un écrin sans pareil, la dune grise, la mer, au loin offre sa magie. La dune grise, le plus beau des jardins, tantôt mauve, tantôt jaune, tantôt blanche, témoigne au gré des saisons une magnificence inégalable de plantes agencées par un Grand Maître. Je vais, enchantée par le spectacle, comblée par les senteurs exhalées par ces plantes remarquables capables de supporter embruns et vents puissants. Je vais sur ce chemin autorisé, au milieu de la dune grise, un moment merveilleux, loin des tragédies du monde actuel. — Liliane Faucher |
Peinture en plein air
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L'air plein de la vie, des insectes timides colorés aux fines ailes. L'air fort, de ce vent qui se lève, s'endort, se déplace et ne meurt. L'air porteur de la pluie fine ou dense, cadençante enveloppant chaque brin, chaque mare. Air plein, toi qui est, fortement, discrètement, essentiel et absent. Qui te peindra ? Et comment ? — Eleonore Sur |
Aujourd'hui il pleut
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Le ciel est une fontaine à l'envers. Ça jaillit d'en haut, Mais les gouttes ne peuvent pas retourner à la source. C'est pour cela qu'elles sont tristes ! On le sent bien à leur chant... Comme une complainte abondante. Alors les arbres et les fleurs ont une idée ! Ils prennent les gouttes d'eau dans leur racines habiles... Et les remontent doucement vers les nuées. Un arbre, c'est un jet d'eau au ralenti ! — Eleonore Sur |
Home sweet home
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We are saying goodbye to our lovely house it's been a home to birds and bees , lizards butterflies even a mouse. We have enjoyed you every day tending the garden for insects to play, drinking wine from our vines, crushing the grapes with loving care, inviting friends to come and share. Barbecues on long summer nights , dancing under the fairy lights, now we are getting older no more can tend the weeds, we need to find a new family like fresh new seeds. We are going to retire by the sea and sit by the beach drinking tea! — Gilian Reid |
Les bouquinistes
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Dessin My
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Au bord de la Seine, Sur de minuscules scènes, Des couvertures bien rangées. Accrochées au muret, Des boîtes vertes ouvertes, Et de livres par milliers. Soirée bleue, parfum d'aubépine, Photos et journaux badinent, Pastels, le passé s'imagine... — Rolande Causse |
La machine à créer
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C’est une machine (M) créée pour créer. Elle a bien marché ; elle a créé un truc (t) Personne (P) n’a compris ce... machin rose Tous sont restés cois : À quoi ? pourquoi ? c’est quoi ? — On a jeté t — On a jeté M Elle n’a manqué à Personne. — Paul Sanson |
Paris-Plage 2055
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Nous sommes en l'an 2055. Sous l'effet du réchauffement climatique, la calotte glaciaire de l'Antarctique s'est brisée et a fini dans l'océan, faisant subitement monter le niveau général des mers et océans de la planète. La ville de Paris est engloutie aux trois quarts et la mer (rebaptisée « Mer de Paris ») est maintenant à deux pas de l'Arc de triomphe. La vie a repris son cours et Paris-Plage est devenue une station balnéaire à la mode. — Gérard Miro |
Atacama fauviste
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La chaleur implacable du désert d'Atacama... Attirance inexplicable nous avait amenés là. Démesure qui dispense de réponses existentielles et contrastes qui compensent le vide écrasant du ciel. — Eleonore Sur |
Rencontre
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Goutte jaune, lentement, Plonge, tombe, atterrit. Mollement sur la feuille Grumeleuse et douillette. Elle éclate, se répand, Et s'étire librement. Goutte verte, potentielle, Retenue, se promène. Elle se lance, se projette. Elle rejoint la jaunette Et la touche, la teinte. La frontière se dessine Mouvemente, évolue, En mélanges indécis, Imprécis éphémères. Rencontre. — Eleonore Sur |
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