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Le grand chêne

Le grand chêne tend vers le ciel ses grands bras décharnés dans une supplique sans espoir. Le grand chêne se meurt.
Une gangue épaisse, vivante, impitoyable l’étreint et l’étouffe.
Des chants d’oiseaux nombreux, joyeux s’échappent de l’épais matelas vert luisant.
Le grand chêne se meurt accompagné d’un requiem continu, heureux.

— Liliane Faucher

Ma huppe

Venue d'Afrique
Fière et magnifique
Cri rauque, chant étrange
Huppe relevée à l'humeur
Bec tel un sabre, prêt à l'usage
Vêtue de motifs africains
Tellement exotique dans un jardin
habité de moineaux, merles et mésanges
Herbes sèches et plantes du Sud lui
donnent un écrin apprécié
Nous, nous sommes sous le charme,
l'admirons et l'espérons chaque année.

— Liliane Faucher

Petit matin

Le soleil se glisse entre les grands pins
Doucement, tendrement, ses rayons réchauffent
les buissons puis les fougères et enfin les mousses
L'air sent bon la végétation qui s'éveille
La mousse dorée, épaisse, encore humide accueille
avec douceur nos pas
Quelques orchidées sèchent lentement et n'oublient pas
de répandre quelques graines
Des pommes de pin posent ça et là
Les oiseaux commencent doucement un chant mélodieux
Harmonie parfaite de la Nature, magie du moment, bonheur précieux.

— Liliane Faucher


Rêve de jardin

Herbes folles
Trémière sentinelle
Porte close, rêve de jardin
Pêle-mêle de feuilles, fruits et corolles joyeuses
Chat bercé par la mélodie des oiseaux
Jardinier affairé de mille gestes nourriciers
Lézards verts parés de magnifiques turquoises
Fontaine glougloutant une fraicheur apaisante
Papillons alourdis de pollen
Caresse tendre d'une brise marine
Porte refermée sur un rêve de jardin.

— Liliane Faucher

Cheveux d'ange

Les cheveux d'ange dansent gracieusement dans le vent,
Les abeilles butinent avec ferveur les lavandes,
Quelques rares papillons passent indifférents aux corolles offertes,
Corolles de lumière et graines riches d'avenir se mêlent sans artifice,
Des acanthes imbues de leur raideur piquante observent.
La huppe est sûre de trouver une friandise en ce lieu.
Les lucioles, minuscules étoiles terrestres, espèrent un compagnon.

Là-haut, les étoiles nous offrent l'infini,
De jour, de nuit, mon jardin est mon énergie.

— Liliane Faucher


La mer au bout du chemin

Le chemin sinue doucement à travers les champs de blé vert pâle
Une arche végétale glorifie le passage vers la mer
Les chants de centaines d'oiseaux voletant au-dessus des champs de blé composent une symphonie joyeuse
Au loin, la mer scintille dans le doux soleil du matin
Le promeneur se laisse envelopper par une incroyable plénitude.

— Liliane Faucher

Fragiles pétales de lumière

Fragiles pétales de lumière
Ephémères dans la brise du matin
Grâces infinies si vite emportées
Squelettes de pierres dures et froides
Impassibles dans les vents violents
Mémoires de la vie oubliée.

— Liliane Faucher

La dune en hiver

Le ciel et la mer se confondent dans de doux pastels gris et roses.
La dune, dans sa robe de bure hivernale, contemple le spectacle magnifique.
Monet aimerait ce tableau.

— Liliane faucher


Orpins d'or

Bijoux sublimes chaque année renouvelés
Écrin végétal dans un somptueux nuancier
Promeneur émerveillé par tant de richesses
Mémoire comblée dans un délicieux abandon.

— Liliane Faucher


Comme un saphir


Bleu saphir, enchâssée comme le plus pur des joyaux dans un écrin sans pareil, la dune grise, la mer, au loin offre sa magie.
La dune grise, le plus beau des jardins, tantôt mauve, tantôt jaune, tantôt blanche, témoigne au gré des saisons une magnificence inégalable de plantes agencées par un Grand Maître.

Je vais, enchantée par le spectacle, comblée par les senteurs exhalées par ces plantes remarquables capables de supporter embruns et vents puissants.
Je vais sur ce chemin autorisé, au milieu de la dune grise, un moment merveilleux, loin des tragédies du monde actuel.

— Liliane Faucher


Harry le lézard gris


Il n'est pas beau, un peu pataud, Harry.
Je l'ai découvert l'année dernière.
Je l'ai retrouvé au printemps, au coin de la maison.
J'aime lui dire des mots tendres et doux,
Il fait semblant de m'écouter.
Il aime peut être la musique des mots, qui sait !
Il aime prendre le soleil sur une pierre de coquillages.
Il aime se faufiler entre les petits pots de plantes grasses.
Pour lui, je pose chaque jour un peu d'eau fraîche.
Il n'est pas beau, un peu pataud, mais il est fidèle, Harry !

— Liliane Faucher

Le petit jardin


Les orangers du Mexique parfument élégamment le petit jardin
Les pavots de Californie offrent leurs corolles de lumière à nos regards ravis
Un goéland glisse lentement dans le ciel bleu saphir
Des papillons volettent parmi les fleurs
Les oiseaux chantent leur bonheur dans un monde trop calme
Les premiers coquelicots osent ouvrir leurs corolles si fragiles
Une brise douce caresse les cheveux d'ange

Au loin, une corne de brume,
Le terrible destin des Hommes semble étouffé en ce moment magique.

— Liliane faucher

Message à la lune


Toi qui évolues librement dans le grand univers
Toi qui joues avec de petits nuages insouciants
Toi qui ignores les misères de notre vie d’en bas
Toi qui réconfortes ceux qui te contemplent
Toi qui illumines le silence de la nuit
Toi qui ignores le roulis de la mer interdite
Toi qui m’apaises, merci.

— Liliane Faucher

Orchidée bourdon


Orchidée bourdon, Là !
Dans mon jardin sympa.

Oh, te découvrir à l’aube éclose
Toi et tes trois pétales roses.

Petite merveille botanique
Beauté sans pareille des coniques.

Labeur du sol récompensé en culture
Dans le respect de dame Nature.

Avec toi vient le bonheur simple
Tu attires les bourdons
Tu chasses le bourdon.

— Liliane faucher

Espoir d'un monde meilleur


Soumis, contraint.
Non, vivant, survivant.
Liberté de regarder ailleurs,
Espoir d'un monde meilleur.

— Liliane Faucher

L'arbre à sorcières


Ses bras décharnés s’élancent vers le ciel pour envoyer quelque message satanique.
Le ciel semble lui répondre dans un embrasement magnifique. Je ferme les yeux et imagine une sorcière prête à voler vers une activité maléfique.
En fait, seul un corbeau nous observe, moqueur, sûr de son immunité.

— Liliane Faucher

L'aube de la cathédrale


Ce matin, l’aube apparaît doucement dans des irisations roses sur la ville de Bordeaux. Tout est encore tranquille. Peu à peu, les couleurs s’affirment, le soleil apparaît puis s’impose. Soudain, il transperce une flèche de la cathédrale de saint André. La dentelle de pierre semble prendre feu. C’est magique, le divin s’exprime peut-être, qui sait. L’humain, lui, est ébloui.

— Liliane Faucher

Blue cub en rage


Je suis une Bluecub à Bordeaux. A priori pas de problèmes, je roule paisiblement dans la ville agréable. On me traite bien.
Ce matin pourtant, tout s’est détraqué, on m’a mise en charge à une borne que je connais pourtant bien, et voilà que rien ne marche. On a tout essayé, il fait 30°, je n’en peux plus, je suis montée rouge de rogne ; Les passants se moquent : « tu as vu, une Bluecub rouge, c’est bizarre ! »
Ma colère enrage, je menais une vie si tranquille à Bordeaux.

— Liliane Faucher

Le vitrail aux harmonies bleues


Ce matin d’octobre, nous visitons l’église de Guérande, je repère un vitrail pas comme les autres.
Visiblement dédié à la Vierge, il décline des harmonies bleues et mauves. Il est sublime.
J’imagine l’artiste qui restera à jamais inconnu, mais avec une foi immense, réalisant ce chef d’œuvre.
Merci d’avoir donné à voir à nous tous, pauvres passants ce vitrail qui relève du divin.

— Liliane Faucher


Le jour se lève sur le marais


Tout est silence ouaté.
Les rayons du soleil se mêlent à la brume exhalée du marais dans une alchimie sublime.
Un oiseau ose quelques notes puis se tait, confus de rompre la magie du moment ;
Subjuguée, j’imagine des elfes dansant dans ce tableau parfait.
J’observe les géométries incroyables des toiles d’araignées s’accrochant aux herbes sèches dans
Une harmonie aérienne.
Un vieux monsieur s’avance lentement sur le chemin en maugréant.
Il n’aime pas voir des visiteurs dans son domaine.
Il pense sûrement que nous ne méritons pas de voir de telles merveilles.
Peut-être a-t-il raison, nous lui avons volé un peu de cet instant.

— Liliane Faucher